Recrutement d’un consultant pour la conception d’outils de communication pour le contrôle du travail des jeunes travailleurs

  • Contract
  • Côte d'Ivoire
  • TBD USD / Year
  • Salary: TBD

International Labour Organization

I- Contexte et justifications

a- Le projet Commerce au Service du travail Décent

Le Projet Commerce au Service du Travail Décent (acronyme en anglais T4DW) est une initiative de l‘OIT et de la Commission Européenne lancée le 1er janvier 2019. Il vise à améliorer l’application effective des conventions fondamentales de l’OIT et les conditions de travail dans les pays partenaires commerciaux de l’UE, contribuant ainsi à l’atteinte de l’Objectif de développement durable (ODD) 8 des Nations Unies. Le projet fonctionne dans un cadre comprenant un Fonds mondial finançant des initiatives mondiales dans le domaine des normes internationales de travail, avec un soutien ad hoc aux besoins spécifiques des pays partenaires, et un mécanisme axé sur les pays soutenant chaque année un certain nombre de pays cibles. Le projet a démarré avec les pays bénéficiaires suivants : Bangladesh, Myanmar et Viet Nam. En 2021, le projet Commerce au service du travail décent été étendu à 05 pays africains : le Ghana, le Cap Vert, Madagascar, Le Mozambique et la Côte d’Ivoire. Il est donc à sa deuxième année en côte d’Ivoire et à Madagascar. Dans ces deux (2) pays, il a une composante dédiée à l’appui à l’Inspection du travail. Pour 2022, cette composante s’axera sur le travail des jeunes travailleurs. Les deux projets commerce au Service du Travail Décent en Côte d’Ivoire et à Madagascar, avec le Projet Vision Zéro Fund (VZF) en vue d’améliorer la Sécurité et la Santé au travail dans les chaînes d’approvisionnement agricoles et industrielles, dans une logique One ILO, travaillent en synergie pour le développement d’outils communs tels qu’un guide de contrôle pour les inspecteurs du travail ou autres parties prenantes ou des matériels de communication. Un travail étroit avec l’Inspection du travail dans les deux pays permet dans ce cadre de mieux répondre aux missions régaliennes de l’Inspection du Travail notamment pour une meilleure application des Conventions fondamentales et la mise en conformité des lieux de travail.

b- Le travail des jeunes travailleurs, leur vulnérabilité et les risques auxquels ils sont exposés

Selon des estimations publiées par l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en 2018, 2,78 millions de travailleurs meurent chaque année par suite d’accidents et de maladies liés au travail. Quelque 2,4 millions (86,3 %) de ces décès sont dus à des maladies liées au travail et plus de 380 000 (13,7 pour cent) résultent d’accidents du travail1. Chaque année, il y a près de 1 000 fois plus de lésions professionnelles non mortelles que de lésions professionnelles mortelles. Ces lésions non mortelles touchent chaque année 374 millions de travailleurs, et dans la plupart des cas, elles ont de lourdes conséquences sur la capacité de gain à long terme des travailleurs (Hämäläinen et al., 2017). Les jeunes travailleurs sont nettement plus touchés par les lésions professionnelles que les travailleurs adultes.

Aux Etats-Unis, le risque de lésion professionnelle non mortelle est environ deux fois plus élevé chez les travailleurs de 15 à 24 ans que parmi ceux de 25 ans ou plus (CDC, 2010). De nombreux facteurs peuvent accroître la vulnérabilité des jeunes aux risques en matière de Santé et Sécurité au Travail, tels que leur stade de développement physique et psychologique, leur manque d’expérience professionnelle et de formation, leur connaissance limitée des dangers liés au travail et leur manque de pouvoir de négociation qui peut les conduire à accepter des tâches ou des emplois dans de mauvaises conditions de travail. Pour beaucoup, les jeunes travailleurs, (dont l’âge est compris entre 15 et 24 ans) sont en âge de travailler. Pourtant, du fait de leur vulnérabilité, les conventions de l’OIT et les lois de la plupart des pays leur accordent un régime spécifique. Ainsi, en tant que jeunes travailleurs, ils ont droit à une protection particulière. Les conventions de l’OIT et les lois de la plupart des pays exigent ainsi que les employeurs leur fournissent un poste de travail sûr et un travail sans danger. Mais, ces dispositions ne sont pas toujours respectées. Malheureusement de nombreux facteurs affectent le risque d’accidents et de maladies liés au travail auquel sont exposés les jeunes travailleurs, notamment le stade de développement physique, psychosocial et émotionnel, le niveau d’éducation, les compétences et l’expérience professionnelles. Si les risques accrus pour la sécurité et la santé au travail des jeunes sont souvent associés à ces facteurs individuels, la culture sur le lieu de travail peut aussi jouer un rôle en rendant ces travailleurs moins disposés ou enclins à évoquer les problèmes de SST, ou au contraire fournir un environnement propice qui entraîne une amélioration des résultats sanitaires pour ces jeunes. Souvent, les jeunes travailleurs ne connaissent pas leurs droits en tant qu’employés, et peuvent se montrer particulièrement réticents à signaler des risques pour la sécurité et la santé au travail. En outre, ils n’ont pas la capacité de négociation de certains travailleurs plus expérimentés. Cela peut les amener à accepter des tâches dangereuses, de mauvaises conditions de travail ou d’autres conditions associées à l’emploi précaire. Leur présence dans des secteurs économiques dangereux et leur exposition aux dangers propres à ces secteurs augmentent leur risque de lésion ou de maladie professionnelle. Cette réalité interpelle davantage avec la récente admission de la sécurité et santé au travail comme le 5eme principe et droit fondamental au travail par la 110ème Conférence internationale du travail. En effet, pour les Etats membres, cela induit, ipso facto, l’obligation de respecter et promouvoir des conditions de travail sures et saines de la même manière et avec le même niveau d’engagement que les quatre principes et droits fondamentaux antérieurement consacré par la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux.

Le travail des jeunes travailleurs est à distinguer du travail des enfants qui est souvent défini comme un travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui nuit à leur développement physique et mental. Il s’agit d’un travail qui : • est mentalement, physiquement, socialement ou moralement dangereux et nocif pour les enfants; • et/ou interfère avec leur scolarité en les privant de la possibilité d’aller à l’école; les oblige à quitter l’école prématurément; ou les oblige à essayer de combiner la fréquentation scolaire avec un travail excessivement long et lourd3. Si le travail des enfants concerne les enfants de moins de 18 ans, celle des jeunes travailleurs part de 15 ans à 18 ans. En vue de sensibiliser les populations sur les risques liés au travail des jeunes travailleurs, le BIT à travers, le projet Commerce au Service du Travail Décent, financé par la Commission européenne et le gouvernement de Finlande, procède au recrutement d’un(e) consultant(e) pour la conception d’outils de communication sur le travail des jeunes travailleurs.

II- Objectif

Concevoir des outils de communication sous différents formats d’édition et de diffusion à destination de l’ensemble des parties prenantes permettant de porter la sensibilisation et l’information quant aux particularités et risques liés au travail des jeunes travailleurs et les préventions nécessaires à mettre en oeuvre. Ces outils devraient pouvoir avoir un impact multisectoriel. III- Résultats attendus Des outils de communications sur le travail des jeunes travailleurs sont conçus en vue de sensibiliser et informer les populations dans les écoles, les lycées professionnels, les secteurs du BTP, de l’agriculture (Cacao, vanille), mines de mica, etc.

IV- Produits attendus

Les produits attendus sont des outils de communication sur le travail des jeunes travailleurs. Ce sont précisément :

✓ La création, l’édition et la mise à disposition de visuels de flyers ainsi que de leurs fichiers souches ;

✓ La création, l’édition et la mise à disposition de visuels de brochures ainsi que de leur et de fichiers souches ;

✓ La création, l’édition et la mise à disposition de visuels de posters (avec et sans textes) ainsi que de leurs fichiers souches ;

✓ …

Ces outils de communication devront être pratiques, complets et faciles à lire pour ceux avec des textes écrits, et à comprendre pour ceux sans écrits. Les outils comprenant des textes devraient pouvoir être compris sans nul besoin de les lire. Le consultant pourra suggérer et concevoir d’autres produits qu’il jugera pertinents dans le contexte local pour la sensibilisation sur le travail des jeunes travailleurs. Des outils plus complets pourront être envisagés à destination en représentants des employeurs et des travailleurs. Ces outils de communication devront présenter ce qu’est le travail des jeunes travailleurs, des situations de risques et/ou de non-conformité en relation avec la Santé et la Sécurité au Travail. Ils devront notamment présenter les différents types de travaux dangereux, tels que définis dans l’arrêté N°2017- 017 du 17 juin 2017 déterminant la liste des travaux dangereux interdits aux enfants. Ils devront permettre de clairement les identifier en mettant en avant la pratique, l’objet ou la situation facteur de risque(s) pour le jeune travailleur. Les problématiques liées aux heures de travail en lien avec la SST et à la violence dans le milieu du travail devront aussi apparaitre dans les outils qui seront produits.

V- Profil du consultant

Le consultant doit respecter les critères d’éligibilité minimum suivants :

• Diplôme universitaire ;

• Expérience dans la conception d’outils de communication et de sensibilisation ;

• Expériences en matière de lutte contre le travail des enfants et /ou sur la question du travail des jeunes ;

• Connaissances des problématiques en matière de sécurité et santé au travail.

VI- Supervision et coordination

Le consultant sera supervisé principalement par le spécialiste de l’administration de l’inspection du travail. Il recevra également des conseils techniques de la spécialiste des principes et droits fondamentaux au travail. Les mandants seront associés à cette supervision et à chaque étape du processus. Le consultant rapportera au spécialiste de l’administration de l’inspection du travail. La coordination sera assurée par les Coordinateurs du projet Commerce au Service du Travail Décent en Côte d’Ivoire.

How to apply

La présente consultation est ouverte aux consultants individuels (personnes physiques). Les candidats intéressés sont tenus de soumettre leur proposition qui devra inclure : (i) le CV qui décrit les expériences antérieures et les qualifications nécessaires à l’exécution de la mission (y compris des exemplaires d’outils de communications ( flyers, posters, brochures, etc.), (ii) une offre financière et (iii) une offre technique comprenant une proposition de chronogramme. Les propositions doivent être envoyées au mail suivant: [email protected] au plus tard le 27 septembre. L’objet du mail devra être formulé comme suit : « Outils de communication travail des jeunes travailleurs ».


Closing date: 27-Sep-22